Comment Lancy parvient à recycler le 60% de ses poubelles de rue

Comment Lancy parvient à recycler le 60% de ses poubelles de rue

Dans le canton de Genève, la Ville de Lancy a abandonné les poubelles de tri sélectif dans ses rues au profit d’un système de tri en aval. Elle parvient ainsi à valoriser plus de la moitié des déchets, en combinant écologie et insertion sociale.

Ils sont jolis et colorés, mais très peu efficaces. Tel est le constat fait par la Ville de Lancy il y a quelques années après avoir testé des kits de tri sélectif dans ses rues. Ces corbeilles de différentes couleurs étaient pensées pour favoriser le tri sélectif en amont en séparant le PET, le papier, l’alu, le verre et les déchets incinérables. Mais après cinq ans, le constat était sans appel. « Le résultat était catastrophique » raconte Bruno Stämpfli, chef de la section gestion et logistique des déchets. « Les ordures étaient complètement mélangées et devaient être envoyées à l’incinération. Une absurdité ! En plus ces kits étaient assez coûteux. Nous nous sommes donc dit « Quel est l’intérêt ? ». »

A Lancy (GE), les kits de tri sélectif ont montré des résultats peu concluants.

Un tri en aval pour plus d’efficacité

Pour être davantage en accord avec ses ambitions environnementales et la réalité de terrain, la Ville a donc changé de stratégie. Depuis 2018, des corbeilles de rues uniques ont remplacé les kits. Les déchets sont collectés dans un sac transparent et acheminés chez un recycleur genevois. Ils sont ensuite triés manuellement et mécaniquement afin de retenir tous les déchets valorisables. Avec ce système, le taux de valorisation moyen d’une benne de poubelles de rues atteint les 60%. « En 2020, sur 145 tonnes de corbeilles ramassées, 105 ont été valorisées » explique M. Stämpfli « C’est une réussite ! On a eu un vrai impact écologique. » Ce système contribue de surcroît à la réinsertion professionnelle de personnes en difficulté, l’entreprise de tri employant d’anciens détenus pour les aider à se réinsérer. A l’impact écologique s’ajoute donc un impact social positif.  

Pour accompagner ce changement, la commune a renforcé la communication, notamment au moyen d’autocollants apposés sur les poubelles. Et l’accueil de la population a été plutôt bon. Plusieurs communes genevoises ont fait des expériences similaires et se dirigent vers le même modèle. Pour M. Stämpfli, il faut recentrer la priorité sur la vocation première de la poubelle de rue, à savoir éviter le littering. « Et lorsque le déploiement de l’intégralité de nos éco-points sera terminé, nous réfléchirons à la réduction progressive des corbeilles de rues plutôt qu’à leur multiplication. »  

Chez COSEDEC, on salue cette initiative qui permet un meilleur tri. Reste la question de l’harmonisation des pratiques entre les communes. En effet, les infrastructures et les messages variant d’une ville à l’autre, la population s’y perd souvent. Des efforts doivent être poursuivis afin de faciliter les gestes pour que la population puisse agir correctement sans se poser trop de questions.

Les autocollants apposés sur les poubelles ont contribué à informer la population.